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Brahim Zitouni, au Forum SIAFIL-EXPORT (SIPSA FILAHA & AGROFOOD)

"On ne peut développer l'agriculture dans un pays rentier"

Phoeniciculture-« Les hydrocarbures sont les concurrents de l’agriculture, d’où la difficulté de développer une agriculture dans un pays rentier, voire pétrolier. »

A déclaré le spécialiste en phoeniciculture (culture du palmier dattier), Brahim Zitouni, lors du Forum Interprofessionnel de la Valorisation des Produits Agricoles à l’Export (SIAFIL AGROFOOD-EXPORT), l’un des 5 que compte le Salon SIPSA FILAHA & AGROFOOD, le Salon international de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Agro-industrie, qui se tient du 14 au 17 mars 2022, à Alger.

Présentant sa communication ‘’la nouvelle économie phoenicicole en contre-modèle de l’agriculture chimique”, Brahim Zitouni dira également que « l’agriculture demeure dépendante des produits chimiques et des forages », ajoutant que « pour un baril de pétrole, il faut 12 barils d’eau. »

Cette juxtaposition des données, mises en relief d’une manière méthodique et scientifique, permet à l’intervenant de proposer une alternative de l’agriculture, celle admise par tous mais pas forcément répondant aux enjeux économiques et environnementaux escomptés, et ce, en exposant par étapes et illustrations, les avantages de la phoeniciculture et son impact sur le développement d’une agriculture plus saine.

La richesse du palmier dattier

Au sujet du palmier dattier, Brahim Zitouni révélera que « Le palmier dattier est une herbe et non pas un arbre, ce qui ouvre la voire  à sa culture en tant que plante fourragère géante. »

Qu’il est « dioïque (il y  un palmier mâle qui produit du pollen et un palmier femelle qui génère des dattes). », une caractéristique favorisant son exploitation d’une manière distincte par rapport au genre. Le palmier dattier présente parmi les arbres fruitiers, un rapport calories produites/consommation d’eau avantageux, et qu’il est fondateur d’une agroforesterie d’avant l’heure, demeurant simplement en quête d’une modernisation  à l’aune des avancés touchant l’agriculture des sols.

S’agissant de sa culture, Brahim Zitouni la qualifie d’ambivalente, dotée également de la caractéristique de « plante primaire qui se propage sur le mode extensif mais qui abrite en complantations les productions les plus intensives. »

Palmier dattier : une plateforme d’intégration multiple

Le palmier dattier possède, entre autres, facultés : être un réceptacle de tous types de cultures complantées; vives, maraichères, extensives annuelles; pluriannuelles ou pérennes. Enfin, Brahim Zitouni soulignera que « le palmier dattier est également capable de s’offrir en plate-forme d’intégration par la transformation de ses biomasses vers différentes filières industrielles (apiculture, agro-alimentaire, chimie, pharmacie, cosmétique, carton-papier, biochimie, sucre liquide, aliment de bétails  et d’autres). »

Sur ce, le spécialiste plaide pour « une agriculture de la chimie contre une agriculture des sols », par « la culture de la matière organique dans une logique agro-forestière d ’accompagnement des grands métabolismes du vivant (engrais verts/fertilisation chimique raisonnée). », mais, tiens-t-il à mettre en garde « sans sacrifier aux performances ! »

Le milieu saharien, rappelle Zitouni, est grand consommateur d’eau « L’évapotranspiration dans le sud équivaut à 6 tonnes/heure/hectare. », révéla-t-il.

La mise en place « d’une palmeraie de petite surface: une autosuffisance locale en fruits et légumes en mode de production intensif. », en sus de « l’introduction des techniques maraichères modernes: économiser l’eau et produire beaucoup. »

La pollinisation mécanique au secours du phoeniciculteur

Toutefois, l’expert phoenicicole rappelle que la phoeniciculture, pour l’augmentation de ses superficies, reste tributaire à la  pollinisation mécanique.

Tout d’abord, Zitouni rappelle que le phoeniciculteur est confronté à deux préoccupations majeures.

La première, financière, « liée à la mobilisation par le paysan des fonds de roulement pour la production des dattes. » 

« Quant à la seconde préoccupation, poursuit-il, elle est davantage relative à la force de travail à consentir par le paysan afin d’entretenir sa palmeraie. »

La pollinisation mécanique apporte un gain de coût de production, mais surtout, indique l’expert, « la possibilité d’étendre, seul, une activité dans laquelle il excelle  sur des superficies qui ne lui étaient pas accessibles auparavant. » et aussi, « la multiplication par un facteur 20 les surfaces à cultiver.»

La pollinisation mécanique, outre la motivation psychologique qu’elle exerce sur l’agriculteur, permet, également, la diminution des « besoins en fonds de roulement en ce qui concerne l’opération de pollinisation. », conclut Zitouni.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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