Agriculture

Dr. Rachid Benaissa : gros plan sur « Le retour vers le futur » de l’agriculture

Dr.Rachid Benaissa, ancien ministre de l'agriculture, anime une conférence intitulée « Moderniser l’agriculture algérienne : mémoire et perspectives », organisée par le Groupe de Réflexion Filaha Innov (GRFI), sous la houlette de son président Dr. Amine Bensemmane

Fidèle à son implication dans les débats façonnant le secteur de l’agriculture, de la pêche et de l’agroalimentaire, la Fondation Groupe de Réflexion Filaha Innov (GRFI), sous la houlette de son président Dr. Amine Bensemmane, a organisé, récemment, une conférence animée par l’ancien ministre de l’Agriculture et du Développement rural (2008-2013) et ancien ministre délégué chargé du développement rural (2002-2008), Dr.Rachid Benaissa, et intitulée « Moderniser l’agriculture algérienne : mémoire et perspectives ». Cette conférence propose de découvrir comment mémoire, savoirs locaux et innovation technologique peuvent transformer le développement rural en levier de souveraineté, de croissance et de cohésion territoriale.

L’intelligence territoriale au service de la modernisation agricole

Au programme de cette conférence :

• l’histoire et les transformations de l’agriculture algérienne, du passé aux enjeux contemporains ;

• l’économie de la connaissance et l’intelligence territoriale au service de la modernisation agricole ;

• les stratégies nationales pour une agriculture durable, compétitive et innovante.

Dr.Rachid Benaissa explique que l’agriculture n’est pas seulement une activité économique, mais un pilier fondamental de la souveraineté, du développement et de la cohésion des nations. Elle façonne les territoires, nourrit les sociétés et repose sur l’accumulation de savoirs, d’expériences et de politiques publiques.

Agriculture algérienne : une diversité géographique et un passage à l’organisation collective

L’ancien ministre rappelle que l’agriculture a joué un rôle central dans l’histoire humaine, permettant le passage de la survie à l’organisation collective et à la planification du futur. La diversité géographique en Algérie (Sahara, steppe, montagnes, hauts plateaux et littoral) constitue une richesse stratégique lorsque ces territoires sont organisés autour de réseaux de connaissances, de marchés et de coopération.

Evolution agricole : une dépendance aux mutations historiques

L’évolution de l’agriculture algérienne est liée aux transformations historiques : de l’organisation territoriale en Numidie à la période romaine, puis aux systèmes fonciers islamiques et ottomans, jusqu’à la rupture provoquée par la colonisation française. Après l’indépendance, plusieurs politiques agricoles ont été mises en place pour répondre à l’urgence alimentaire et construire un système agricole durable.

Les politiques agricoles : de la justice sociale à l’innovation collaborative

Deux grandes politiques ont marqué cette trajectoire :

  1. La Révolution agraire des années 1970, orientée vers la justice sociale et la réforme foncière,
  2. La politique de Renouveau agricole et rural (2008-2013), axée sur la performance, l’innovation et l’implication des acteurs locaux.

Agriculture moderne : nouveaux temps, nouveaux concepts

Aujourd’hui, la modernisation de l’agriculture repose sur

  • l’économie de la connaissance,
  • l’innovation scientifique,
  • la valorisation du capital humain,
  • la transition technologique.

Elle nécessite aussi des institutions solides, une coopération entre l’État et les organisations professionnelles, et une meilleure coordination entre les acteurs.

Enfin, le développement rural futur dépendra d’une transformation territoriale intégrée associant agriculture, diversification économique, agro-industrie, tourisme rural, énergies renouvelables et économie du savoir. L’objectif est de construire une agriculture moderne capable de garantir la souveraineté alimentaire, le développement durable et la cohésion nationale.

Redorer le blason terni de l’agriculture

Dr.Benaissa a également révélé que l’intelligence mise au service de l’agriculture permet de valoriser ce secteur et d’enrichir le travail des agriculteurs. Elle change également notre manière de percevoir l’agriculture, qui a longtemps été négligée et rarement considérée comme un véritable acteur économique.

« Certains ne comprennent pas encore que la réalité soit tout autre : l’agriculture doit être pensée différemment, de manière moderne et stratégique. », a-t-il indiqué.

Souveraineté agricole : à ne pas toucher !

À notre humble avis : les décisions ont souvent été prises sans réelle concertation. Même les responsables locaux, comme le président de l’APC, ont parfois été écartés des processus décisionnels. Des lois ont été élaborées sans l’implication directe des agriculteurs, ce qui limite leur efficacité sur le terrain. Sur ce, Dr. Benaissa a insisté sur le fait que plus l’agriculteur sera considéré, mieux vaudra pour le développement de l’agriculture, et partant pour une meilleure implication du maire.

La terre doit être travaillée et valorisée, précise le ministre. Pour cela, argumente-t-il, il est nécessaire de revoir et d’adapter les textes réglementaires, tout en préservant ceux qui touchent à la souveraineté nationale.

Hommage aux membres disparus

Lors de cette conférence, un hommage particulier a été rendu à plusieurs membres du groupe décédés, notamment :

  1. Mohammed Hadj Henni,
  2. Sid Ahmed Feroukhi,
  3. Hadj Hattou,
  4. Professeur Aïssa Abdelgherfi,
  5. Mahdi Loukil,
  6. Mustapha Oudjana.

Contexte et origine du GRFI

Il y a près de vingt ans, dans le cadre de la politique de renouveau rural, un groupe d’hommes et de femmes engagés a décidé d’accompagner la transformation de l’agriculture par la réflexion et l’analyse. À cette époque, la modernisation de l’agriculture n’était encore défendue que par un nombre limité d’acteurs.

Le GRFI faisait partie d’un mouvement associatif lié à la stratégie de développement rural durable, mobilisant de nombreuses associations locales et nationales.

Ce cadre permettait :

  • l’échange d’informations,
  • la mobilisation des acteurs,
  • le dialogue entre chercheurs, agriculteurs, cadres, praticiens et citoyens intéressés par l’avenir du monde rural.

Cap sur la résilience des systèmes agricoles

L’ambition principale du groupe était de contribuer, par l’analyse et la prospective, à construire une vision moderne et durable de l’agriculture et des territoires ruraux. Aujourd’hui, la modernisation agricole est devenue une priorité nationale, liée à :

  • la souveraineté alimentaire,
  • la résilience des systèmes agricoles,
  • la durabilité environnementale.

Développer une analyse prospective

La création de cette fondation répond à plusieurs besoins :

  • assurer la continuité du travail de réflexion,
  • garantir crédibilité et indépendance,
  • développer une analyse prospective sérieuse,
  • accompagner réellement la modernisation agricole.

Le rôle de la fondation n’est pas de remplacer les institutions, mais d’éclairer les décisions, anticiper les défis et proposer des solutions.

Enfin, GRFI en appelle à l’engagement collectif des chercheurs, agriculteurs, cadres, praticiens et jeunes talents à rejoindre cette dynamique afin de produire une réflexion utile au service de l’intérêt général.

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